FALAISES CôTIèRES AU RELIEF DE TyPE MAKATEA SUR LA CôTE EST DE L'îLE / coastal sea cliffs with a makatea-type relief on the east coast of the island

L’île troglodyte Rurutu a été façonnée à travers les âges par la forte activité volcanique «de points chauds». un premier point chaud a entrainé la création de l'île et un second l'a, littéralement, soulevée de plusieurs dizaines de mètres de haut. Ce soulèvement cataclysmique au-dessus du niveau de la mer a entraîné la transformation de son ancien récif frangeant en falaises côtières, criblées de grottes spectaculaires. Là, reliefs basaltiques et calcaires ont été remodelés par l’érosion pour offrir un spectacle saisissant. Les grottes de Rurutu méritent le détour en raison de leurs superbes concrétions et de leurs formes étranges. Autrefois habitées, on en compte des dizaines, voire des centaines, car toutes n’ont pas été découvertes faute d’accès. La légende raconte que lors de la venue des missionnaires en 1821, le roi de l’époque fit cacher, dans une des grottes de la falaise du Matonaa, de nombreux objets sacrés appartenant à sa famille dont seul un gardien connaissait l’accès. Le secret se serait transmis de père en fils jusqu’au décès du dernier gardien, au nom d’Otare, qui l’emporta avec lui. Avis aux amateurs de chasse au trésor ! une seconde grotte a également fait parler d’elle, celle de Te Ana Ae’o. En 1990, le Président de la République, François Mitterrand, de passage sur l’île pour officialiser le financement de la route traversière entre Moerai et Avera, assista à l’intérieur à une représentation de danses et chants traditionnels si bien qu’elle porte aujourd’hui son nom.

Vous pourrez découvrir certaines grottes en vous promenant simplement le long du littoral, pour d’autres, comme celles de la pointe Mauo, il est préférable de faire appel à un guide qui ne manquera pas de vous conter les nombreuses légendes qu’elles renferment. une autre légende bien connue des Rurutu concerne les sommets de l’île qui furent nommés, si on en croit la tradition orale, par le demi-dieu «Iro-i-te-pu- mana-tu» qui régnait sur Rurutu aux temps anciens. Afin de les baptiser, il décida d’y envoyer ses lances à partir du village d’Avera. Sur le premier mont, aucune ne se planta, il le nomma Teape, «montagne de l’erreur». Sur le second, il en trouva plusieurs qu’il lia entre elles et appela le mont Taatioe, «attachées ensemble». Sur le troisième, il ne trouva qu’une lance sur laquelle était perché un oiseau ; lorsqu’il voulut la reprendre, l’oiseau s’envola : ce mont devint alors le Manureva, «l’oiseau qui s’envole». Pensant avoir terminé sa recherche, il nomma le prochain mont qu’il rencontra Erai, «fin». Mais alors que la nuit tombait, il eut besoin de lumière et appela le mont sur lequel il se trouvait Taurama, «le flambeau». Telle est l’histoire des cinq monts les plus connus de l’île que vous pourrez observer lors de randonnées à pied ou à cheval. Enfin, à l’extrémité sud de l’île, le volcan de naairoa a recouvert en partie l’ancienne falaise soulevée. Ses coulées de laves, se perdant jusque dans le lagon, ont formé de magnifiques calanques aux plages de sable blanc dont l’une des plus belles est certainement celle de Toataratara.

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©philippe bacchet