La civilisation du taro

Ramené d’Asie lors des premières migrations vers les îles du Pacifique Sud, le taro ou Colocasia Esculenta de son nom scientifique est devenu la plante la plus emblématique de l’archipel des Australes. Autrefois, cette espèce de la famille

des Aracées était l’un des rares produits de consommation des tribus qui peuplaient Rurutu ; le vol du taro dans le clan voisin était alors passible de mort et pouvait être à l’origine de guerres tribales sanglantes. Aujourd’hui, chaque parcelle appartient à une famille et se transmet de génération en génération. Sous les tropiques et plus particulièrement aux Australes, les saisons sont peu marquées, le taro peut alors

être récolté tout au long de l’année. Cuit simplement à l’eau, le tubercule accompagne chaque repas des Rurutu, c’est un peu leur pain quotidien ; mais il est aussi consommé sous toutes les formes possibles : après avoir été cuit, écrasé à l’aide d’un «penu» (pilon), et avoir fermenté, il devient un excellent dessert dit «po’e» auquel on ajoute souvent du lait de coco ; de plus, depuis quelques années, on le déguste

sous forme de frites. Les jeunes feuilles peuvent également être consommées en « fafa », sorte d’épinard local. Le taro réclame beaucoup d’eau. On le trouve donc principalement dans les endroits humides à proximité des trois grands villages de l’île ou dans la vallée de Paparai. un réseau ingénieux de canaux d’irrigation a été creusé à travers les tarodières et permet d’irriguer chaque parcelle. >

VaNaa aPIa, cUlTIVaTeUr De Taro / vanaa apia, taro tiller TaroDIère Te VaI aVaI / te vai avai taro plot photos : Jean-philippe yuam

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