Le maiore, ou fruit de l’arbre à pain (‘uru) Le ‘uru, originaire de Nouvelle-Guinée, a été introduit dans l’ensemble du Pacifique lors des migrations polynésiennes du début du 1er millénaire. On le trouve dans la plupart des îles à proximité des zones habitées. Des dizaines de variétés ont été sélectionnées et reconnues à partir de l’espèce d’origine. C’est l’une des bases de l’alimentation traditionnelle. Son fruit se prépare bouilli, rôti ou encore cuit à l’étouffée. Autrefois conservé plusieurs mois en prévision de périodes de disette, il faisait l’objet d’une préparation fermentée (mahi), dans des silos de pierre. L’arbre est à l’origine d’un très fort symbolisme dans la culture polynésienne. Selon certaines légendes, le 'uru serait né d’un homme qui se transforma en cet arbre pour sauver sa famille de la famine. Vingt ans à peine après la “découverte” de Tahiti par les Européens, il fut à l’origine de deux expéditions (1789 et 1792) de la Marine Royale d’Angleterre chargées de transplanter cette espèce aux Antilles. L’Histoire a retenu cet épisode à cause de la mutinerie des marins de la Bounty contre le capitaine Bligh. Un roman et plusieurs films ont été tirés de cette aventure. Après avoir été quelque peu délaissé, le riz importé étant plus facile à cuisiner, le maiore pourrait aujourd’hui se révéler un excellent substitut aux céréales, dans un contexte de crise économique, voire un atout à l’exportation. En un an, un arbre peut produire environ 400-500 kilos de fruits.

The maiore, or breadfruit tree (‘Uru) The ‘Uru, which come from New Guinea, was introduced throughout the Pacific with the Polynesian migrations during the first millennium. It can be found in most of the islands close to inhabited areas. Dozens of varieties of the original species exist. Breadfruit is one of the main foods in a traditional Polynesian diet, and is usually eaten boiled, grilled or braised. In ancient times Polynesians also fermented breadfruit (mahi) in stone silos so that they could preserve it for months as extra provisions in times of food shortage. Symbolically speaking, the breadfruit tree is central to Polynesian culture. According to legend, the Uru was born from a man who transformed himself into a breadfruit tree to save his family from famine. A mere twenty years after the “discovery” of Tahiti by the European circumnavigators, uru was the motivation for two expeditions (in 1789 and 1792) by the Royal English Navy, who wanted to bring the plants to the Caribbean. The expeditions failed because of the famous mutiny on the Bounty against Captain Bligh. A novel and several films have depicted the story. For a long time the breadfruit was all but forgotten as people preferred using rice because it is easier to cook, but nowadays, in the context of the global economic crisis, the maiore might see a revival of usage as it represents an excellent substitute to grains and might even be an natural asset suitable for exportation. In one year a single breadfruit tree can produce about 400-500 kilos of fruit.

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