Un engouement sans artifices Les premières émotions passées devant le spectacle qu’offre le Festival des arts des îles Marquises, on s’étonne toujours de la nature de l’engouement populaire des Marquisiens pour cet évènement qui n’est justement pas un spectacle à leurs yeux, mais une communion. Les aléas de l’histoire de l’archipel ne sont pas étrangers à cette dynamique. Après avoir découvert ces îles voilà environ 2 000 ans, leurs premiers occupants ont connu un fort isolement de 1 500 ans au sein de la grande famille polynésienne, même si des éléments de relations avec d’autres archipels ont été découverts. La confrontation avec les premiers Européens, et surtout les pères missionnaires, a conduit à la perte d’un grand pan de la culture marquisienne et à la quasi disparition de la population au début du 20ème siècle à la suite des maladies et des ravages causés par l’alcool, pour l’essentiel. Enfin, avec l’avènement progressif de l’autonomie de la Polynésie française et de courants politiques indépendantistes dans les îles de la Société, les Marquisiens ont d’abord subi le « renouveau » intellectuel, linguistique et culturel tahitien. La survie de l’identité marquisienne tenait alors au maintien des différences culturelles avec les autres archipels et à l’impérieuse nécessité de faire vivre l’ensemble des structures sociales (le monoculturalisme qui intègre naturellement les « étrangers ») et des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent le groupe. Ce n’est donc pas une manifestation d'un pittoresque superficiel, mais bien l’âme des Marquisiens qui est défendue bec et ongles avec cette culture qui leur est chevillée au corps. La grand-messe communautaire rappelle tous les quatre ans qu’une île n’est rien sans les autres comme la légende de la construction de la Terre des Hommes en souligne l’étymologie. C’est une seule et même maison que constituent les six îles habitées de l’archipel : Ua Pou, les deux piliers de la case, Hiva Oa, la longue poutre faîtière posée sur les 2 piliers, Nuku Hiva, la charpente posée sur Hiva Oa, Fatuiva, la toiture en 9 rangées de palmes de cocotiers tressées, Tahuata, le feu lumineux qui scintille et Ua Huka, la fosse sacrée où sont conservés les ossements des ancêtres…

An Enthusiasm without Artifices The first emotions spent watching the spectacle offered by Festival of Arts of the Marquesas Islands, leave you surprised by the nature of the Marquesans’ popular enthusiasm for this event, which is not just a show for them, but a communion. The vagaries of the archipelago’s history are no strangers to this dynamics. After discovering these islands about 2000 years ago, their first occupants experienced 1,500 years of total isolation in the great Polynesian family, even if elements of relationships with other islands have been discovered. The first confrontation with the Europeans, especially with the missionaries, led to the loss of a large portion of Marquesan culture and the virtual disappearance of the population in the early 20th century as a result of diseases and devastation caused essentially by alcoholism. Finally, with the gradual advent of autonomy for French Polynesia and separatist political movements in the Society Islands, the Marquesas were first subjected to the

intellectual, linguistic and cultural Tahitian "renewal". The survival of Marquesan identity was then limited to the maintenance of cultural differences with other islands and the urgent need to support all social structures (a monoculturalism which naturally includes "foreigners") and artistic, religious and intellectual events that defined the group. This is therefore not an event of superficial picturesque quality, but it is the soul of the Marquesas, which is defended tooth and nail with this culture, which is truly ingrained in their body. The large community celebration, every four years, is a reminder that an island is nothing without the others as it is explained in the legend of the construction of the “Land of Men”. It is only one and same house as are the archipelago’s six inhabited islands: Ua Pou, the two pillars of the house, Hiva Oa, the long ridge beam placed on the two pillars, Nuku Hiva, the frame placed on top of Hiva Oa, Fatuiva, the roof made of 9 rows of woven coconut palms, Tahuata, the bright flickering fire, Ua Huka, the sacred furrow where are kept the bones of the ancestors.

GROUPE DE DANSE DE L'ILE DE HIVA OA / dANCe group From The islANd oF hiVA oA

TRANSPORT DES METS PRÉPARÉS DANS LES FOURS TRADITIONNELS TrANsporT prepAred meAls iN TrAdiTioNAl oVeNs

46

CULTURE

47

CULTURE